La littérature, et c’est ce qui la distingue de la comtesse Dreffulhe, n’a pas de jour. Elle n’a pas davantage de saisons. Voilà pourquoi les expressions cocasses que l’on emploie, telles que « livres de printemps », « promenades estivales » –pourquoi pas « Feuilles d’automnes » tant qu’on y est…Je vous le demande un peu ? –n’ont pas le moindre sens.
Et pourtant la littérature a le goût du tempo. Celui qui vous porte, à l’intérieur de vous-même, celui qui vous offre le sentiment qu’il existe, au-dessus des contingences, un monde où rien n’est pareil, où l’on peut croire vivre d’autres vies, changer de destinée rien qu’en tournant quelques pages. Aussi bien, tandis que nous célébrons, les uns la fuite vers la Terre Promise, les autres la Résurrection, pourquoi ne pas s’offrir quelques ouvrages en partage ?
Commençons par dessiner des lettres. Cela s’appelle écrire, on le sait bien. De nos jours, il suffit de taper sur le clavier d’un ordinateur pour le faire, au point que les auteurs et les écrivains, courriéristes et les journalistes ressemblent à s’y méprendre à des pianistes. Mais tracer des lettres à la main demeure une aventure, exige un apprentissage. Aimée Clark-Langrée, constatant que son fils abordait l’écriture avec peine, eut l’idée d’inventer pour lui des histoires. Au fil des jours et des mois, le petit garçon parvint à surmonter l’obstacle d’origine. M le magnifique est le recueil de ces récits, que beaucoup plus tard Aimée Clark-Langrée et son fils –devenu grand, volant vers mille projets d’envergure– ont consigné pour vous. Marie Cognacq, illustratrice, donne à cet album toutes les couleurs de l’espérance. Un livre qui ne s’adresse pas qu’à la prime jeunesse. Au contraire, il invite à l’initiative, à l’imagination, les parents –terme à prendre dans l’acception la plus large –désorientés par les difficultés de leurs petits. Avons-nous dit qu’Aimée comme Antoine sont protestants ? Eh bien voilà, c’est fait. (« M Le magnifique », par Aimée Clark-Langrée, Antoine Langrée, Marie Cognacq, édition Six citrons acides).
La collection « Qu’est-ce que ça change ? » initiée chez Labor et Fides par Marion Muller-Colard, bat son plein. Chaque volume en est svelte et nourri d’une belle énergie. Bien sûr on vous recommande « La Bible qu’est-ce que ça change ?», de Thomas Römer, « La laïcité, qu’est-ce que ça change ?», de Vincent Génin, mais encore « Croire, qu’est-ce que ça change ?», de Marion Müller-Collard elle-même. On n’oublie pas non plus « Réformatrices », un livre également édité chez Labor et Fides, portrait de femmes ayant marqué l’histoire du protestantisme dont Sarah Scholl et Daniela Solfaroli Calmilocci nous font écouter la voix.
Notons qu’Olivetan présente un judicieux: « A la découverte du protestantisme ». Vous avez une belle-mère, un beau-père qui pensent que ce qui vous distingue de leur attache romaine est Marie, quoi de plus efficace qu’un bon manuel, intelligent, drôle, qui dit presque tout ? Rien ne vous interdit cependant de plonger votre famille –élargie, réduite ou tentaculaire, faites-votre choix –dans une étude. « Ethique de la sainteté », de Jacques Ellul devrait faire mieux que l’affaire, tout comme le voyage au long court du capitaine Antoine Nouis, qui pour vous commente la Bible verset par verset. La croisière vous prendra quelques mois, mais elle vaut le détour et vous explique pourquoi ce fameux pasteur a, lors de la dernière édition du Festival, été primé.
Les fêtes Pascales ne sont plus qu’un souvenir. En glissant dans ses pages quelques paniers de fraise, la littérature murmure: en mai, fais ce qu’il te plaît.








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